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  • : Extrême-gauche démocratique et unie
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  • : Pour l'égalité et la liberté pour tous. Pour en finir avec le capitalisme, l'exploitation et toutes les dominations. Pour une extrême-gauche démocratique et unie. Pour l'unité de la gauche démocratique, anti-capitaliste, féministe, révolutionnaire.
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 19:41
Le terme "extrême-gauche" recouvre aujourd'hui l'ensemble de la gauche qui milite pour en finir avec le capitalisme et toutes les oppressions. Ce qui ne fait en fait pas très lourd, notamment en terme d'organisations.

Malgré tout, l'extrême-gauche est plurielle. C'est positif, mais trop souvent des erreurs voire mensonges du passé ont encore cours - le mort domine le vivant.
Etre fidèle à une "tradition" révolutionnaire, c'est être fidèle aux luttes collectives de la base, et pas à la parole de certains militants, dont les écrits doivent toujours être passés au crible de l'esprit critique le plus libre.
On peut et on doit à la fois être tournés vers l'avenir, tout en connaissant notre passé et en en tirant toutes les leçons. Par exemple, l'immense majorité des "marxistes" du 20e siècle étaient en net recul par rapport à Marx sur des sujets comme la démocratie, la nature de la révolution, le salariat, etc... Ce large recul, qui est souvent allé jusqu'à la trahison pure et simple, était clairement une dérive vers la droite.
Pour être pleinement tournés vers l'avenir, il faut être au clair sur ce qui nous a précédé.

Notre objectif doit être le dépassement des dominations politiques et économiques par une révolution sociale mondiale. C'est à l'ensemble du mouvement mobilisé d'être collectivement acteur, penseur, et leader du changement de société.
Une extrême-gauche qui se veut pleinement démocratique et efficace ne peut que se baser sur l'énergie et la créativité qui émerge des luttes.
Cette extrême-gauche aurait pour but d'informer, d'analyser, et de participer - sans prétendre diriger - aux luttes, au mouvement d'abolition du capitalisme, et à la conquête de la démocratie.
Il reste, là aussi, beaucoup à inventer.
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /2006 15:54
L'anniversaire médiatique des révoltes de l'an dernier ne sert qu'à alimenter le délire sécuritaire, qui - c'est bizarre - ressort toujours à quelques mois de la présidentielle.

Pour rappeler quelques vérités, 3 courts extraits pris du Monde du 25 octobre 2006 :

« Sofiane, 20 ans, une gueule d'ange qui prépare des concours de la fonction publique, évoque un sentiment d'insécurité permanent face aux forces de l'ordre. »
« "Pendant un contrôle, vous pouvez vous prendre des claques, des insultes. Les flics viennent dans la cité et ils peuvent vous coller n'importe quoi sur le dos. Vous pouvez jamais savoir ce qui va vous arriver." Mieux vaut s'enfuir en courant que d'être contrôlé, disent la plupart des jeunes. »
« "L'autre fois, la police a fait allonger les jeunes par terre devant l'immeuble. Avec leurs chiens, ils les ont humiliés, volontairement." Des témoignages repris par d'autres voisins, atterrés par l'attitude de la police, des CRS en particulier. »

Petite remarque en passant : bien qu'étant "jeune de banlieue", personne ne m'appelle jamais comme ça. La couleur de peau, peut-être ? Une vérité politiquement incorrecte en ces temps où le racisme est "décomplexé" : quand la droite revient à ses vieux démons (au siècle dernier c'était l'antisémitisme, puis le racisme anti-italiens, ainsi de suite...), et flatte les vieux préjugés, la france est bien rance...
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /2006 18:05
Il y a 50 ans, une tentative de révolution éclatait en Hongrie. Les motifs étaient de natures sociales et politiques : opposition au régime stalinien en place, qui était doublement oppresseur du fait de sa nature capitaliste d'Etat (oppression politique et oppression économique), et opposition à l'impérialisme de l'URSS.

Partie de puissantes manifestations pour la démocratisation du régime et pour la transformation de la société hongroise, la révolte s'opposa de plus en plus au régime. En quelques jours, une grève générale spontanée (et illégale) gagna le pays, et des conseils ouvriers se formèrent. Ces conseils coordonnant la lutte, et débattant démocratiquement des mesures à prendre pour changer la société (rappelant ainsi la phrase de Karl Marx selon laquelle "la première étape dans la révolution" doit être "la conquête de la démocratie").

Fin octobre, au cours d'une manifestation à Budapest, la police politique stalinienne ouvrait le feu sur les manifestants, montrant une fois de plus la nature violemment anti-ouvrière du régime. Cette répression féroce ne fit que renforcer la détermination des étudiants et salariés hongrois, qui intensifièrent leur lutte.

Le nouveau dirigeant hongrois qui avait été mis en place sous la pression populaire, Imre Nagy (communiste partisan de la déstalinisation), décida la sortie du "pacte de Varsovie" et la neutralité internationale de la Hongrie. Dans le monde de la guerre froide, les Etats étaient pour l'essentiel divisés entre deux blocs impérialistes : l'Otan étant l'instrument de domination des USA, et le pacte de Varsovie l'instrument de domination de l'URSS. Quitter ce carcan militaire et ne pas en rejoindre un autre était donc un acte important.

Le 4 novembre, l'armée russe déclenchait l'offensive, brisant militairement le mouvement spontané des masses. La répression fit de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de morts, selon les sources. De part sa nature économique et politique, l'URSS ne pouvait tolérer la perte d'une zone d'influence et d'un Etat vassal, qui lui était utile d'un point de vue stratégique et pour ses débouchés capitalistes.

Ce mouvement révolutionnaire a ainsi été brisé en quelques semaines à peine, malgré la résistance des insurgés. Il est donc difficile de savoir jusqu'où son évolution aurait pu abolir les structures de domination, certaines étant spécifiques au stalinisme, d'autres étant communes à l'ensemble des régimes capitalistes (contrainte de l'argent et du salariat, pouvoir confisqué par une "classe politique", etc).

Un véritable bouleversement politique était possible, les conseils ouvriers militant "pour un socialisme indépendant et démocratique". La victoire ne pouvait passer que par la prise de pouvoir collective du mouvement de la base des conseils ouvriers, contre la dictature stalinienne, pour la conquête de la démocratie prolétarienne et l'abolition de l'exploitation.
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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 15:59
L'intervention policière massive aux Mureaux, le 4 octobre 2006, a été le théâtre d'évènements inadmissibles. Des enfants braqués par des policiers, porte défoncée avec frais de réparation à la charge des victimes ("une erreur" selon les forces de l'ordre), nombreuses personnes (n'ayant rien fait !) réveillées à 6h du matin et plaquées à terre, tout ça... pour rien.
Au delà de ces bavures choquantes, c'est une logique d'intervention militaire qui est mise en oeuvre, avec une stigmatisation de populations entières comme étant des ennemis.

C'est un nouvel exemple de l'arbitraire qui peut s'abattre au hasard (et souvent au "faciès") sur n'importe qui, sans réparation quelle qu'elle soit. La politique actuelle est une atteinte régulière à la sûreté des citoyens.

Autre exemple : fin septembre, trois policiers passaient en procès pour avoir tué un sans-papier au cours de son expulsion par avion. Getu Hagos, 25 ans, est tombé dans le coma le 16 janvier 2003 suite à de graves brutalités commises par trois policiers français, et il est mort deux jours plus tard. Un des policiers a déclaré avoir "appliqué exactement ce qu'on m'a dit de faire dans ces situations". Le jugement sera rendu le 23 novembre, seule de la prison avec sursis a été requise (!), et la hiérarchie des policiers n'est même pas mise en cause. Précision : ces expulsés sont officiellement appelés "déportés accompagnés"... (voir L'Express, Libération et nouvelobs.com du 29-09-2006).


Ajout du 24 novembre 2006 : Un des policiers a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, et les deux autres ont été acquittés. Il serait donc plus grave de faucher quelques plants de maïs OGM que de provoquer la mort d'un être humain ?
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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /2006 23:49

Le torrent de préjugés frelatés que la droite déverse actuellement est impressionnant ; notamment en matière d'immigration. Cette logique de bouc-émissaire est depuis des siècles un classique de tous les politiciens conservateurs, qui travaillent depuis des siècles pour une petite minorité privilégiée à laquelle ils appartiennent.

Il faudrait, selon les nationalistes de tous bords, que les immigrés "s'intègrent". Mais s'intégrer à quoi ? Les nationalistes montrent là la faiblesse de leur "pensée", leur vision post-colonialiste, leur politique de réduction de la culture et des échanges. Le chauvinisme est un appauvrissement de la pensée, une idéologie abjecte et lamentablement rétrograde.

La révolution sociale est, il faut le rappeler, fondamentalement antinationale. L'internationalisme véritable c'est le dépassement intégral des nations. Il est nécessaire de le redire puisque des courants du 20e siècle se disant de gauche, étant en réalité complètement contre-révolutionnaires, ont été et sont encore des soutiens au nationalisme le plus bas (stalinisme, social-capitalisme...).

Karl Marx disait : "Je suis un citoyen du monde, et je travaille là où je me trouve" (cité par Paul Lafargue dans Souvenirs personnels sur Karl Marx, 1890). Cette philosophie reste encore d'avenir.

La gauche démocratique et anticapitaliste doit se proclamer franchement, haut et fort, antinationaliste.

* Liberté totale de circulation et d'installation de tous les êtres humains, partout sur la planète !

* Régularisation immédiate et sans condition de tous les sans-papiers !

* Egalité de toutes et tous dans tous les domaines, quelle que soit la nationalité !

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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 21:59

Quel que soit le bout par lequel on commence à regarder le monde actuel, le constat d'échec du capitalisme est évident. Par exemple concernant l'énergie : la crise écologique et sociale devrait logiquement amener l'usage intensif d'énergies renouvelables socialisées. Et bien on voit tout le contraire ! Le gouvernement français privatise progressivement EDF et GDF, et reste le serviteur du lobby du pétrole qui est une énergie chère, très polluante, et aux réserves limitées.
Cette politique absurde correspond globalement aux politiques menées par les autres puissances étatiques du Monde, même si la France est beaucoup plus en retard que d'autres sur l'éolien et le solaire.

Pour arrêter cette marche absurde dans le mur, il faut voir que ce qui est en cause c'est la logique du système capitaliste et des régimes oligarchiques : le plus gros profit immédiat, le pouvoir pour quelques uns sans la majorité.
C'est contre cela que luttent des mouvements divers dans le monde, et un certain nombre de courants politiques plus ou moins dispersés.

Cette "gauche anti-capitaliste démocratique" peut aussi être appelée pour aller vite  "extrême-gauche", sans avoir de connotation sectaire. Ce terme peut regrouper en fait ceux qui ne vivent pas dans le mythe absurde selon lequel le capitalisme serait indépassable, le meilleur système, etc.
Le capitalisme peut et doit être dépassé, remplacé par un autre système politique et social qui refuserait la suprématie de l'argent, du salariat, et des profits. Les luttes sociales et politiques peuvent s'unifier et passer à l'élaboration d'un Monde plus juste, en révolutionnant la société.

Cet objectif a été en partie décrédibilisé par certaines "expériences" autoritaires du 20e siècle (Urss, Chine...), qui ont toutes fait l'inverse d'une politique anti-capitaliste et démocratique, et ont été des régimes capitalistes d'Etat. De nombreux marxistes, de différentes sensibilités, ont d'ailleurs dénoncé avec ces termes, dès l'origine, cette contradiction gigantesque entre les paroles et les faits. Ces régimes avaient gardé le principe du pouvoir de quelques uns, étant ainsi en contradiction avec les enseignements des luttes, et les textes des théoriciens du communisme et du socialisme (Marx en tête).

Loin de ces renoncements, le mouvement démocratique, et donc anti-capitaliste, est en fait le seul courant politique qui ne veut pas le pouvoir pour lui-même, mais tout le pouvoir à l'ensemble de la population, sans discrimination aucune (de sexe, d'origine, etc...). C'est un mouvement politique qui pourrait s'unir si les bases sont claires : le mythe léniniste des chefs, tout comme les illusions qui persistent concernant le système actuel et les alliances avec les "sociaux-capitalistes" (notamment du PS), ne permettent pas d'aller de l'avant et d'y aller unis et nombreux.
C'est par le débat et la discussion libre et fraternelle que l'on peut espérer voir émerger véritablement cette gauche anti-capitaliste démocratique et unie.

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Mercredi 6 septembre 2006 3 06 /09 /2006 12:00

Paul Lafargue est connu pour être l'auteur du Droit à la paresse, et accessoirement pour être le gendre de Karl Marx. On entend parfois des commentateurs peu informés dire qu'il y aurait une sorte de contradiction ou d'ironie entre les deux. Or, Lafargue fût un proche collaborateur de Marx, et à ce point proche des idées de son futur gendre que c'est notamment contre Lafargue que fût inventée l'expression "marxiste" !

Il faut donc briser une légende : Le Droit à la paresse est un livre tout à fait en phase avec les idées de Marx, Lafargue s'y servant par ailleurs explicitement des travaux de son mentor.

Mais les désinformés (qui à leur tour désinforment) n'en restent pas là : à les croire, Karl Marx aurait été le "théoricien du travail" et "promoteur de l'Internationale Ouvrière" ! La lecture des textes de Marx, plutôt que ceux de ses fossoyeurs (que ces derniers se disent "marxistes" ou non), permet d'apprendre que si Marx fut théoricien c'est bien de la nécessité de la disparition du capitalisme et du travail ; et que d'autre part la dite Internationale ne fût créée que six ans après sa mort (Marx fût par contre militant de la 1ère Internationale, l'Association Internationale des Travailleurs, organisation qui était à la fois moins doctrinaire et moins opportuniste que l'Internationale Ouvrière).

Rosa Luxemburg, dans La Crise de la social-démocratie - ouvrage écrit dans les premiers mois de 1915 depuis la prison où les dictateurs de ce temps l'avaient envoyée pour "propagande anti-militariste" -, prenant acte de la chute du mouvement social-démocrate dans le chauvinisme et le militarisme, écrivait : "Ce qui est en cause actuellement, c'est tout le dernier chapitre de l'évolution du mouvement ouvrier moderne au cours de ces vingt-cinq dernières années".

C'est bien dans cette période que l'on trouve les raisons de la faillite du mouvement social-démocrate qui éclata au grand jour en 1914. L'organisation en partis nationaux, se contentant de se retrouver à l'occasion dans des congrès mondiaux (en fait essentiellement européens), et l'organisation hiérarchisée-spécialisée avec permanents salariés, qui créa une bureaucratie néfaste, furent deux des principaux facteurs de la quasi-mort de ce "mouvement" qui dès lors n'a quasiment plus fait que se déporter, au fil de trahisons successives, sur le terrain de l'ordre établi, du capitalisme et des Etats.
Le mouvement vivant subsistait dans les mobilisations spontanées, autonomes, les grèves générales, les tentatives révolutionnaires, et certaines organisations plus ou moins grandes.

Paul Lafargue a tant bien que mal participé à ce "marxisme" des années 1880 jusqu'au tout début du 20e siècle. Malgré une production intense d'articles et autres textes durant cette période, son livre le plus marxiste reste Le Droit à la paresse, qui est une description de ce que devra être la société dès la fin du capitalisme.

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Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /2006 16:17

Avec le capitalisme, "le travail salarié, autrefois exception et ressource provisoire, devint la règle et la forme fondamentale de toute la production" (Friedrich Engels, Anti-Dhüring, 1878). Les fondements du système capitaliste sont l'argent et les marchandises, et par conséquent la domination de la classe capitaliste qui recourt, pour exploiter les autres êtres humains, au salariat. "C'est le salariat qui est l'organisation bourgeoise actuellement existante du travail. Sans lui, point de capital, point de bourgeoisie, point de société bourgeoise" (Karl Marx, Les Luttes de classe en France, 1850). Le système du salaire entraîne l'exploitation de la classe sociale qui représente l'immense majorité : les salariés.

Pour l'essentiel, chaque personne a un rôle prédéfini dans le système de production capitaliste selon sa classe sociale. Il existe deux formes fondamentales de circulation des marchandises et de l'argent :

* Ceux qui ne possèdent pas de capital sont obligés de se salarier pour pourvoir à leurs besoins (on les appelle les prolétaires). Ils vendent leur force de travail en échange d'un salaire, qui leur permet ensuite d'acheter les marchandises dont ils ont besoin (logement, nourriture, etc...). On peut résumer par ce schéma ce rapport à l'argent et aux marchandises :
Force de travail -> Argent -> Marchandises
La force de travail est considérée par le capitalisme comme une marchandise, sous sa forme de salaire.

* Ceux qui possèdent le capital (on les appelle les bourgeois ou les capitalistes) vont investir, en créant par exemple une entreprise. Ils ont besoin pour cela de matières premières, et de salariés qui vont les transformer en marchandises, qui seront vendues. On trouve donc le schéma suivant :
Argent 1 -> matières premières et salaires -> marchandises -> Argent 2
Le but est de créer des marchandises qui, une fois vendues, auront permis d'établir une plus-value (la différence entre la somme d'argent 2 et la somme d'argent 1). Par exemple : le capitaliste investit 10.000 euros, avec lesquels il achète pour 2.000 euros de matières premières et embauche 8 salariés, payés 1.000 euros chacun (soit 8.000 euros de salaire au total). Ces travailleurs transforment les matières premières en marchandises finies, qui sont alors vendues 15.000 euros. Le capitaliste a donc gagné 5.000 euros.

On se rend compte que pour le capitaliste 10.000 euros se sont transformés en 15.000 euros. D'où viennent les 5.000 euros gagnés ? C'est là que l'on comprend ce qu'est le salaire : par leur travail, les salariés ont transformés des marchandises d'une valeur de 2.000 euros en marchandises d'une valeur de 15.000 euros. Ils ont donc créé 13.000 euros de valeur, soit 1.625 euros par travailleur. Pourtant, ils n'ont touché que 1.000 euros de salaire chacun. S'ils étaient payés ce qu'a rapporté leur travail, ils auraient touché 1.625 euros chacun ; mais dans ce cas, le capitaliste n'aurait rien gagné et n'aurait donc aucun intérêt à investir. La plus-value est donc la part de valeur créée par le salarié qui lui est volée par le capitaliste (dans l'exemple, la plus-value est de 5.000 euros, soit 625 euros volés à chaque salarié).
La valeur créée par le travail se divise entre la part salariale qui va aux prolétaires (dans notre exemple 8.000 euros, soit 62%), et la part du capital qui va aux capitalistes (dans notre exemple 5.000 euros, soit 38%). La part des capitalistes va notamment servir à augmenter leur capital : c'est l'accumulation du capital.

On remarque que le salaire est payé après le travail. Mais ce qui est vendu, ce n'est pas le travail (sinon il n'y aurait pas de part qui irait au capital), c'est la force de travail, le temps de travail. Le salaire pourrait parfaitement être payé en début de mois, par exemple : mais le but est d'une part de garder une situation favorable aux patrons et défavorable aux salariés, et aussi de dissimuler la véritable nature du salariat, qui est que l'on est payé forcément moins que ce que le travail a rapporté.

Le système d'économie capitaliste entraîne la division de la société en classes sociales distinctes. On a vu que les prolétaires n'ont pas le choix : ils sont contraints de se salarier, puisqu'ils n'ont que leur force de travail à vendre pour survivre. Le capitalisme fonctionne donc grâce à la violence qu'une minorité (capitalistes) fait subir à une majorité (prolétaires). De même, en cas de hausse de salaire, les prolétaires y gagnent, et donc les bourgeois y perdent. Les intérêts des deux classes sociales sont donc, tant qu'existe le système capitaliste, antagonistes : c'est la lutte des classes.
La lutte de classe des prolétaires se manifeste notamment par les grèves, les manifestations et les occupations. La lutte de classe des capitalistes se révèle entre autres par les licenciements économiques, la multiplication des contrats précaires, la hausse du temps de travail, les politiques gouvernementales qui attaquent les services publics et les acquis sociaux (ces derniers ayant été obtenu par les luttes du mouvement ouvrier).

Le capitalisme, afin de maintenir son existence et la domination d'une minorité sur une majorité, est obligé de créer des institutions qui lui correspondent. La société dans laquelle nous vivons, malgré une apparence et certaines réalités démocratiques, est en réalité une dictature de la bourgeoisie. Bien sûr, le mouvement ouvrier a obtenu par la lutte des avancées démocratiques, comme le suffrage universel (et non plus le suffrage censitaire, réservé aux hommes riches).
Ceci dit, les chiffres sont clairs : une étude sur les députés élus à l'Assemblée en 2002 montre que les employés n'y sont que 5% (contre 29% dans l'ensemble de la population, soit 6 fois moins), les ouvriers n'y sont que 0,5% (contre 27% dans la population, soit 54 fois moins !) ; à l'inverse les chefs d'entreprise sont 9% (alors qu'ils sont 0,5% dans la population, soit 18 fois plus). On voit que la démocratie " représentative " permet avant tout de représenter et de défendre les intérêts de la classe dominante. De plus, dans cette même assemblée, les femmes sont 9 fois moins nombreuses que les hommes.

Le capitalisme ne peut exister qu'en s'étendant toujours plus. Mais l'exploitation des hommes et de la nature ont des limites. La nature même du capitalisme est donc d'être en crise. Ses crises prennent des formes très différentes suivant son évolution, mais avec une constante : le prolétariat en est la principale victime. La crise du capitalisme aujourd'hui est flagrante : les inégalités se cessent de croître, la précarité tend à devenir la norme, les conditions de vie sont plus difficiles. Au niveau mondial, les guerres impérialistes se poursuivent (récemment contre l'Irak), l'obscurantisme religieux se perpétue en profitant du désespoir, des famines déciment en Afrique pendant que la surproduction embarrasse les pays dits " développés ", des millions d'être humains meurent de maladies faute d'argent pour acheter des médicaments à l'industrie pharmaceutique, etc...
Il est donc de l'intérêt collectif, dans l'intérêt du monde dans lequel nous vivons, d'arrêter le capitalisme et de le remplacer par un système libre et égalitaire, qui est à élaborer collectivement et démocratiquement.

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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 01:06

* Andy Anderson - Hongrie 1956, les conseils ouvriers
* Ante Ciliga - Dix ans au pays du mensonge déconcertant
* Antonio Gramsci - Ecrits politiques, l'ordine nuovo 1919-1920
* Daniel Guérin - Front populaire, révolution manquée
* Alain Guillerm - Rosa Luxemburg, la rose rouge
* Alexandra Kollontaï - Marxisme et révolution sexuelle (recueil)
* Claude Lefort, Edgar Morin, Cornelius Castoriadis : Mai 68, la brèche
* Primo Levi - Si c'est un homme
* Rosa Luxemburg - La grève de masse
* Rosa Luxemburg - Réforme ou révolution
* Rosa Luxemburg - La révolution russe
* Karl Marx - Oeuvres publiées par la bibliothèque de la pléiade (regroupe presque tous les textes de Marx, dont Le capital, Le manifeste du parti communiste, L'idéologie allemande, les textes pour la Première Internationale. Quatre tomes sont parus : économie 1, économie 2, philosophie, politique 1. Il reste 2 tomes à paraître : politique 2 et correspondance)
* Louise Michel - La Commune
* Maximilien Rubel - Karl Marx, biographie intellectuelle
* Bertrand Russell - Eloge de l'oisiveté
* Boris Souvarine - Staline (le livre de référence sur le dictateur qui fut probablement, avant 1917, une taupe des services secrets tsaristes au sein de la social-démocratie)
* Simone Weil - Leçons de philosophie

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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 12:03

Ce blog se veut un élément, parmi tant d'autres, pour aller vers l'unité des luttes quotidiennes partout dans le monde pour supprimer les inégalités et les injustices et pour arriver à un monde démocratique, juste, et libre. Peu importe qu'on appelle cette société "socialiste", "communiste", ou autre : il faut dépasser les divisions et les erreurs héritées du passé pour aller de l'avant tous ensemble.

Comme l'écrivait Karl Marx dans les statuts de la Première Internationale : "L'émancipation des classes travailleuses doit être conquise par les classes travailleuses elles-mêmes" (traduction à partir de l'original en anglais : "the emancipation of the working classes must be conquered by the working classes themselves" - http://www.marxists.org/history/international/iwma/documents/1864/rules.htm ).

Pour l'égalité et la liberté pour tous.

Pour en finir avec le capitalisme, l'exploitation et toutes les dominations.

Pour l'unité de la gauche démocratique, féministe, anti-capitaliste, révolutionnaire.

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