Le système capitaliste

Publié le par égalité

Avec le capitalisme, "le travail salarié, autrefois exception et ressource provisoire, devint la règle et la forme fondamentale de toute la production" (Friedrich Engels, Anti-Dhüring, 1878). Les fondements du système capitaliste sont l'argent et les marchandises, et par conséquent la domination de la classe capitaliste qui recourt, pour exploiter les autres êtres humains, au salariat. "C'est le salariat qui est l'organisation bourgeoise actuellement existante du travail. Sans lui, point de capital, point de bourgeoisie, point de société bourgeoise" (Karl Marx, Les Luttes de classe en France, 1850). Le système du salaire entraîne l'exploitation de la classe sociale qui représente l'immense majorité : les salariés.

Pour l'essentiel, chaque personne a un rôle prédéfini dans le système de production capitaliste selon sa classe sociale. Il existe deux formes fondamentales de circulation des marchandises et de l'argent :

* Ceux qui ne possèdent pas de capital sont obligés de se salarier pour pourvoir à leurs besoins (on les appelle les prolétaires). Ils vendent leur force de travail en échange d'un salaire, qui leur permet ensuite d'acheter les marchandises dont ils ont besoin (logement, nourriture, etc...). On peut résumer par ce schéma ce rapport à l'argent et aux marchandises :
Force de travail -> Argent -> Marchandises
La force de travail est considérée par le capitalisme comme une marchandise, sous sa forme de salaire.

* Ceux qui possèdent le capital (on les appelle les bourgeois ou les capitalistes) vont investir, en créant par exemple une entreprise. Ils ont besoin pour cela de matières premières, et de salariés qui vont les transformer en marchandises, qui seront vendues. On trouve donc le schéma suivant :
Argent 1 -> matières premières et salaires -> marchandises -> Argent 2
Le but est de créer des marchandises qui, une fois vendues, auront permis d'établir une plus-value (la différence entre la somme d'argent 2 et la somme d'argent 1). Par exemple : le capitaliste investit 10.000 euros, avec lesquels il achète pour 2.000 euros de matières premières et embauche 8 salariés, payés 1.000 euros chacun (soit 8.000 euros de salaire au total). Ces travailleurs transforment les matières premières en marchandises finies, qui sont alors vendues 15.000 euros. Le capitaliste a donc gagné 5.000 euros.

On se rend compte que pour le capitaliste 10.000 euros se sont transformés en 15.000 euros. D'où viennent les 5.000 euros gagnés ? C'est là que l'on comprend ce qu'est le salaire : par leur travail, les salariés ont transformés des marchandises d'une valeur de 2.000 euros en marchandises d'une valeur de 15.000 euros. Ils ont donc créé 13.000 euros de valeur, soit 1.625 euros par travailleur. Pourtant, ils n'ont touché que 1.000 euros de salaire chacun. S'ils étaient payés ce qu'a rapporté leur travail, ils auraient touché 1.625 euros chacun ; mais dans ce cas, le capitaliste n'aurait rien gagné et n'aurait donc aucun intérêt à investir. La plus-value est donc la part de valeur créée par le salarié qui lui est volée par le capitaliste (dans l'exemple, la plus-value est de 5.000 euros, soit 625 euros volés à chaque salarié).
La valeur créée par le travail se divise entre la part salariale qui va aux prolétaires (dans notre exemple 8.000 euros, soit 62%), et la part du capital qui va aux capitalistes (dans notre exemple 5.000 euros, soit 38%). La part des capitalistes va notamment servir à augmenter leur capital : c'est l'accumulation du capital.

On remarque que le salaire est payé après le travail. Mais ce qui est vendu, ce n'est pas le travail (sinon il n'y aurait pas de part qui irait au capital), c'est la force de travail, le temps de travail. Le salaire pourrait parfaitement être payé en début de mois, par exemple : mais le but est d'une part de garder une situation favorable aux patrons et défavorable aux salariés, et aussi de dissimuler la véritable nature du salariat, qui est que l'on est payé forcément moins que ce que le travail a rapporté.

Le système d'économie capitaliste entraîne la division de la société en classes sociales distinctes. On a vu que les prolétaires n'ont pas le choix : ils sont contraints de se salarier, puisqu'ils n'ont que leur force de travail à vendre pour survivre. Le capitalisme fonctionne donc grâce à la violence qu'une minorité (capitalistes) fait subir à une majorité (prolétaires). De même, en cas de hausse de salaire, les prolétaires y gagnent, et donc les bourgeois y perdent. Les intérêts des deux classes sociales sont donc, tant qu'existe le système capitaliste, antagonistes : c'est la lutte des classes.
La lutte de classe des prolétaires se manifeste notamment par les grèves, les manifestations et les occupations. La lutte de classe des capitalistes se révèle entre autres par les licenciements économiques, la multiplication des contrats précaires, la hausse du temps de travail, les politiques gouvernementales qui attaquent les services publics et les acquis sociaux (ces derniers ayant été obtenu par les luttes du mouvement ouvrier).

Le capitalisme, afin de maintenir son existence et la domination d'une minorité sur une majorité, est obligé de créer des institutions qui lui correspondent. La société dans laquelle nous vivons, malgré une apparence et certaines réalités démocratiques, est en réalité une dictature de la bourgeoisie. Bien sûr, le mouvement ouvrier a obtenu par la lutte des avancées démocratiques, comme le suffrage universel (et non plus le suffrage censitaire, réservé aux hommes riches).
Ceci dit, les chiffres sont clairs : une étude sur les députés élus à l'Assemblée en 2002 montre que les employés n'y sont que 5% (contre 29% dans l'ensemble de la population, soit 6 fois moins), les ouvriers n'y sont que 0,5% (contre 27% dans la population, soit 54 fois moins !) ; à l'inverse les chefs d'entreprise sont 9% (alors qu'ils sont 0,5% dans la population, soit 18 fois plus). On voit que la démocratie " représentative " permet avant tout de représenter et de défendre les intérêts de la classe dominante. De plus, dans cette même assemblée, les femmes sont 9 fois moins nombreuses que les hommes.

Le capitalisme ne peut exister qu'en s'étendant toujours plus. Mais l'exploitation des hommes et de la nature ont des limites. La nature même du capitalisme est donc d'être en crise. Ses crises prennent des formes très différentes suivant son évolution, mais avec une constante : le prolétariat en est la principale victime. La crise du capitalisme aujourd'hui est flagrante : les inégalités se cessent de croître, la précarité tend à devenir la norme, les conditions de vie sont plus difficiles. Au niveau mondial, les guerres impérialistes se poursuivent (récemment contre l'Irak), l'obscurantisme religieux se perpétue en profitant du désespoir, des famines déciment en Afrique pendant que la surproduction embarrasse les pays dits " développés ", des millions d'être humains meurent de maladies faute d'argent pour acheter des médicaments à l'industrie pharmaceutique, etc...
Il est donc de l'intérêt collectif, dans l'intérêt du monde dans lequel nous vivons, d'arrêter le capitalisme et de le remplacer par un système libre et égalitaire, qui est à élaborer collectivement et démocratiquement.

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